Journal des Palaces
Maison&Objet du 17 au 21 janvier 2020
  




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Dive Serge Dive,
fondateur de l’International Luxury Travel Market

Interview réalisé le 6 décembre par Sonia Taourghi

Fondateur de l’International Luxury Travel Market (ILTM), Serge Dive, 37ans, est fier, et il a de quoi. Surdoué du tourisme, il a lancé nombre de salons pour Reed Travel Exhibitions (qui lui a d’ailleurs racheté le salon ILTM), a été directeur adjoint du Bureau du Tourisme de Dubaï à Paris de 1992 à 1996, et a géré des événements de promotion pour le gouvernement français. Depuis 2002, il invite les acteurs du tourisme de luxe à participer à l’ILTM dont il vante « l’organisation humaine » et le sens de la responsabilité. Pour la quatrième année, ces acteurs ont répondu présents et le Journal des Palaces aussi. Détendu et avenant, il répond à nos questions.
On parle beaucoup de l’émergence de la classe moyenne sur le marché du luxe. Comment, selon vous, les hôtels devraient s’adapter à ce phénomène pour garder une image de prestige et d’exclusivité ?
Serge Dive : Je pense qu’il doit forcément y avoir d’une part une politique de prix. Le prix de l’exclusivité. Par ailleurs, c’est très important dans le luxe de préserver ses réseaux de distribution. C’est le même principe que pour le lancement d’une marque de luxe. On essaye de canaliser son réseau pour être dans les meilleurs points de vente. Comme le fait Gucci notamment avec ses deux magasins de Oldbond Street et de Sloane Street à Londres. Pour les hôtels c’est la même chose. Car l’erreur est souvent de mettre la publicité partout, en parler à tout le monde et de devenir un produit que toute la communauté désire, et qui n’est plus spécial. Aujourd’hui les gens aisés veulent trouver l’hôtel que les autres ne connaissent pas, comme ils trouveraient le petit restaurant très sympa, et où ils auront une expérience personnelle avec les personnes qui gèrent l’hôtel.

Concernant la France plus particulièrement, pensez-vous que cette accessibilité coïncide avec une envie de briser les clivages, en montrant que la qualité vaut pour tous et que personne n’est véritablement plus aisé ?
S. D. : Je pense que l’argent est sûrement tabou en France. Mais il y a des gens qui sont plus fortunés que d’autres, et on a le même phénomène partout, de gens qui peuvent se payer un voyage à un prix bien plus important que les classes moyennes. Je dirais même qu’il y a une grande différenciation. D’ailleurs en France le marché est assez intéressant, parce que le marché même du luxe n’est pas vraiment représenté. Il y a des agences comme Nosylis, mais ce n’est pas encore organisé comme aux Etats–Unis où il y a environ 500 agences de voyage spécialisées, ou en Royaume-Uni où on trouve environ 50 tour-opérateurs de luxe. En France, on a encore justement cette capacité d’évasion parce que les produits de luxe ne sont pas mentionnés en permanence par diverses sources de distribution. Le marché est quelque peu paradoxal car c’est en France qu’il a le plus de « voyageurs » ayant véritablement fait leur recherche.

Selon vous quels sont les éléments caractéristiques d’un voyage de luxe ?
S. D. : Un voyage de luxe, c’est un voyage où il y a une expérience particulière dont on se souvient. Ce n’est plus une question de robinets dorés. On pense plutôt à la recherche de soi-même et quelque part on trouve une connexion avec soi-même à un certain prix.

Par rapport à cela justement, que pensez-vous d’un établissement comme le Burj El Arab, connu pour être le plus luxueux établissement du monde, alors même que les codes du luxe sont en pleine évolution ?
S. D. : Je pense que cet établissement représente le luxe absolu pour un certain type de clientèle. Car c’est ostensible, cela renvoie à l’étymologie même du mot luxe, de luxus qui veut dire excès. Et dans ce sens là le Burj El Arab correspond parfaitement à l’idée du luxe que l’on peut se faire en général. Et donc il correspond à une clientèle moyen-orientale, asiatique ou russe, mais une clientèle européenne ou américaine, établie depuis plus longtemps, recherche des choses différentes. Le fait est aujourd’hui que le Burj El Arab n’a rien à voir avec un Aman Resort ou un établissements Six Senses.

Pour finir, quels conseils donneriez vous aux hôtels de luxe, par rapports aux différents éclairages apportés ?
S. D. : Je pense que les hôtels doivent faire attention de ne pas se reposer sur leurs lauriers. Car on ne peut plus dire que parce qu’on est luxe depuis longtemps, on est encore luxe aujourd’hui. Pour faire partie du luxe désormais, il y a un nouveau niveau d’entrée. Si on n’a pas de spa, de salle de sport, de piscine, de concierge de qualité, et une cuisine fantastique, on ne peut pas dire qu’on est dans le luxe. Aujourd’hui, on est arrivé à parler d’über-luxe, de strato-luxe, parce que les gens qui étaient luxe il y a 20 ans veulent toujours être dans le luxe, sauf qu’il faut s’adapter à de nouveaux critères. Il y a en France notamment des établissements qui se veulent luxe, mais qui ne le plus sont plus réellement. De la même façon qu’avoir une voiture aux Etats-Unis au début du siècle était le comble du luxe, alors qu’en avoir trois aujourd’hui, c’est être dans la normalité. Ainsi certains établissements doivent admettre que certains de leurs produits ne sont dorénavant plus luxe.

En fait vous leur « reprochez » un certain immobilisme…
S. D. : Exactement. Et c’est pour cela que je tire mon chapeau à un groupe comme Four Seasons, ou à quelqu’un comme le Prince El Walid, qui a dépensé 180 millions d’euros, je crois, pour acheter le George V, et 120 millions pour le rénover. Il s’investit totalement et je crois que cela valait vraiment la peine de montrer que l’établissement est un hôtel de luxe de splendeur. Et c’est vrai que d’autres hôtels ne pourraient pas bénéficier du même verdict de la part des consommateurs ou des journalistes.

Les chiffres de l'ILTM 2005 :
800 exposants venus de 52 pays
1.500 acheteurs
1.000 visiteurs
40.000 rendez-vous organisés
250 journalistes.

Interview réalisé le 6 décembre par Sonia Taourghi


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