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RENCONTRE AVEC FRÉDÉRIC PICARD, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE GLION INSTITUT DE HAUTES ÉTUDES : « LES HÔTELIERS DOIVENT PROPOSER DES PLANS DE CARRIÈRE, UNE VRAIE VISION DE L'ENTREPRISE » (Suisse)

Lors d’un entretien avec le Journal des Palaces, Frédéric Picard revient sur sa carrière d’hôtelier, et sur les atouts de sa nouvelle maison, l’école d’hospitalité internationale, Glion Institut de Hautes Études

RENCONTRE AVEC FRÉDÉRIC PICARD, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE GLION INSTITUT DE HAUTES ÉTUDES : « LES HÔTELIERS DOIVENT PROPOSER DES PLANS DE CARRIÈRE, UNE VRAIE VISION DE L'ENTREPRISE » (Suisse)

Lors d’un entretien avec le Journal des Palaces, Frédéric Picard revient sur sa carrière d’hôtelier, et sur les atouts de sa nouvelle maison, l’école d’hospitalité internationale, Glion Institut de Hautes Études

Catégorie : Europe - Suisse - Carrières - Interviews - Recrutement, emploi, formation - Interviews
Interview réalisé par Vanessa Guerrier-Buisine le 22-11-2023


Frédéric Picard, directeur général de Glion Institut de Hautes Études

Frédéric Picard, directeur général de Glion Institut de Hautes Études
Crédit photo © Céline Michel / Glion Institute of Higher Education

Après une carrière déroulée brillamment dans l’hôtellerie de luxe, Frédéric Picard a embrassé une nouvelle mission, en prenant la direction de GIHE (Glion Institut de Hautes Études) en mars dernier. Pour le Journal des Palaces, Frédéric Picard a évoqué ses ambitions pour cette école de prestige et a posé un regard affûté sur les besoins actuels de l’hôtellerie de luxe.

Sa carrière, le Français la décline à l’international et au sein de grandes marques et groupes hôteliers, avec une exigence perpétuelle d’excellence. La Russie, puis le Texas au sein du groupe Accor, avant un retour à Paris pour atteindre rapidement le poste de directeur général adjoint de la brasserie de la Coupole. C’est ainsi qu’il entre au Méridien Étoile avant de rejoindre Le Méridien Bangkok et de signer de nouvelles expériences à responsabilités, de l’InterContinental Paris au Jumeirah à Dubaï, avant de se prendre au jeu des ouvertures d’hôtels, comme celle du Mazagan Beach Resort du groupe Kerzner, au Maroc.

Le choix de l’hôtellerie de luxe s’affirme, et il poursuit au sein du groupe Oetker, avec l’ouverture du Palais Namaskar au Maroc, avant d’endosser le rôle de directeur général du Château Saint-Martin à Vence et de l’Apogée à Courchevel. C’est alors le groupe Michel Reybier qui jouit de son expertise, puisqu’il gère l’ouverture de La Réserve Paris, pour laquelle il obtient, en quelque 18 mois, la distinction Palace. Après de telles expériences, il cofonde le groupe Maisons Pariente et se consacre à des activités de conseils. En mars 2023, il prend un virage en acceptant les rênes d’une école d’excellence, Glion Institut de Hautes Études.

Glion, une institution d’exception

C’est dans le cadre intimiste du palace qu’il a lui-même ouvert, La Réserve Paris, que nous rencontrons Frédéric Picard. Lorsqu’on lui demande s’il a hésité avant d’accepter ce nouveau défi, il répond sans sourciller, « Il m’aura fallu trois secondes ». Trois secondes pour dire oui à cette école, forte de 16.000 alumni et d’une histoire de 60 ans, qui se classe dans le top 5 des écoles hôtelières dans le monde, une école à la renommée internationale. Un institut qui repose sur les « trois piliers dans mes décisions de carrière » ajoute Frédéric Picard : les projets, le développement et le milieu d’excellence.

« Glion est une institution, plus difficile à dupliquer » rappelle-t-il, raison pour laquelle les seuls campus Glion sont ceux de Suisse et de Londres, car ce sont notamment les vertus de l’éducation et de la sécurité suisse qui attirent les étudiants et leurs parents, et multiplier les campus internationaux n’est donc pas à l’ordre du jour.

De l’autre côté du miroir

Celui qui a toujours accordé un soin particulier aux stagiaires et aux étudiants, qu’il voyait déjà comme « les hôteliers de demain », passe aujourd’hui de l’autre côté du miroir, pour former et accompagner ces étudiants. Désormais, sa « mission est de faire perdurer l’héritage de l’institution », en menant une réflexion sur de nouveaux programmes, et sur l’accompagnement de l’industrie.

« Mon rôle est aussi de recréer du lien avec l’univers des dirigeants de l’hospitalité. Il est plus facile pour moi d’appeler directement les personnalités (NDLR : de l’hôtellerie de luxe) pour les inviter à participer à un panel » poursuit-il. Les voyages de découverte se font déjà plus riches, à l’image du dernier voyage d’un groupe d’étudiants à Paris, qui ont pu pénétrer dans des établissements et hôtels, qui n’avaient jamais encore ouvert leurs portes, illustration de l’influence positive de Frédéric Picard sur l’école, moins d’un an après son arrivée.

Une employabilité exceptionnelle

« Un étudiant qui sort de Glion a entre cinq et six offres d’emploi, avec un delta de salaire supérieur à 15% du marché » précise Frédéric Picard. Une employabilité qui ne se limite pas à l’hôtellerie, puisque les jeunes sont convoités par l’univers du luxe dans sa globalité.

« Après quatre à cinq ans, les jeunes hôteliers sont approchés par l’univers du luxe : le commerce, l’aviation privée, le yachting… Il y a de l’appétit pour les hôteliers, car ils sont flexibles, agiles, connaissent les codes et savent facilement engager avec les clients de l’univers du luxe » rappelle-t-il. C’est dans ce cadre que l’école a lancé cette année un Bachelor luxury business, destiné exclusivement aux étudiants voulant entrer dans l’univers du luxe.

Des formations agiles

Bachelor luxury business et Bachelor hospitality business sont donc désormais les deux points d’entrée de premier semestre à Glion. « Cela nous permet de répondre à la demande de l’industrie, qui est en recherche perpétuelle de talents » appuie-t-il. Une offre de formation qui évolue ainsi, mais reste ancrée dans le cœur d’activité de Glion Institut de Hautes Études, l’hospitalité.

Alors que les Bachelor et master en management hôtelier international perdurent, l’école a ouvert ses formations à la finance, l’évènementiel, ainsi qu’au management du luxe. Le master entrepreneur rencontre lui aussi un fort succès, poussé par une ambition entrepreneuriale de plus en plus marquée chez les étudiants.

Une culture managériale

Frédéric Picard rappelle l’importance des arts pratiques, dispensés lors du premier semestre de Bachelor, une manière d’inculquer aux jeunes humilité et respect pour leur « bien le plus précieux, leurs collaborateurs de demain ». Le directeur conseille ses étudiants avec bienveillance : « Pour être un bon manager, prenez le temps d’apprendre, d’être curieux, de comprendre ». La multiculturalité, avec 98 nationalités présentes au sein des campus Glion, contribue à cette ouverture et à cette compréhension.

L’école renforce par ailleurs son attention sur les formations dédiées aux leaders. Glion a ainsi scellé un partenariat avec l’ESSEC Business School, avec un programme flexible d’un an dédié aux managers, le « Global Executive Master in Hospitality Leadership ». La première rentrée a lieu ce mois-ci avec 15 étudiants inscrits, pour qui la formation sera un « boost sur leur carrière » affirme le directeur.

Des professionnels qui s’adaptent pour séduire les étudiants

« L’étudiant qui entre chez Glion a déjà une idée de l’univers dans lequel il veut travailler, pourquoi et quels sont ses objectifs » décrit Frédéric Picard. « Pour séduire les étudiants, les hôteliers doivent proposer des plans de carrière, une vraie vision de l’entreprise ». C’est, pour lui, une manière de donner envie aux collaborateurs de rester, d’évoluer. « Aujourd’hui, nos partenaires hôteliers sont conscients qu’un bon recrutement aura un impact positif ». Des hôtels qui doivent donc s’adapter et adopter « une certaine flexibilité dans le cadre du travail ».

Une flexibilité possible dans le back-office, dans les services commerciaux, des ressources humaines, etc. avec le télétravail notamment. Une flexibilité plus délicate à appliquer dans les métiers de terrain. Un défi confirmé par le chef des restaurants de La Réserve Paris, Jérôme Blanctel, venu saluer Frédéric Picard lors de notre entretien. Fermeture du restaurant deux étoiles Le Gabriel le week-end, fin des horaires à coupure, réduction du nombre de couverts par service, réduction des effectifs, autant de concessions faites pour fidéliser son équipe, et in fine, augmenter la qualité de l’expérience.

Un solide réseau d’alumni

L’école Glion aligne un score de 16.000 alumni répartis à travers le monde. Un réseau à l’importance cruciale dans le parcours des étudiants Glion. « Nous les incitons à activer le réseau d’alumni dès qu’ils arrivent dans un nouveau pays. L’étudiant qui arrive dans un nouveau pays peut contacter le président des alumni locaux, et en 15 jours, il connait 15 à 20 personnes, cela offre des relais, un réseau, partout dans le monde. »

Parmi ces relais, des personnalités prestigieuses du monde de l’entreprise. Parmi elles, « Anthony Torkington, qui dirige Relais & Châteaux, Alexis de La Palme, président d'Edmond de Rothschild Heritage ou encore Christopher Jones, président de Sushi Shop, sont tous trois alumni de Glion, des références dans l’univers de l’hospitality, qui ont eu un parcours incroyable. »

Le regard d’un hôtelier expérimenté

Si la mission semble toute tracée pour Frédéric Picard, il aura à cœur désormais de représenter l’école, de s’exprimer auprès des jeunes en partageant son expérience, comme il l’a fait récemment, lors d’une table ronde dédiée aux meilleurs échecs, où il a pu évoquer ses propres erreurs, comme « l’erreur de croire que l’on va y arriver tout seul » ou « ne pas prendre part avec son équipe ».

Des conseils, dont les étudiants de Glion, menés par un nouveau capitaine aguerri, pourront s’inspirer pour réussir. Une réussite qu’il pense possible en suivant quelques règles de base, comme « avoir un objectif clair, être résilient et avoir beaucoup d’humilité dans son approche » conclut-il.

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A propos de l'auteur

Journaliste experte de l’hôtellerie de luxe et inspirée par les femmes et les hommes qui l'incarnent, Vanessa aspire à valoriser et sublimer la beauté et l’élégance des palaces à travers ses écrits. “Dans un palace, la simplicité sert la quête de l’excellence” admire-t-elle.


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