Le Journal des Palaces
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INTERVIEW - CAMILLE TAPPY : LES HÔTELS SONT EN SOUS-EFFECTIF ET PEINENT À RETROUVER DES EMPLOYÉS ALORS QUE LA REPRISE EST EN MARCHE (France)

Chef de brigade au sein de l’Hôtel Castille à Paris, Camille Tappy voue une véritable passion pour son travail. Pour le Journal des Palaces, cette globe-trotter évoque son parcours, sa vision de l’hôtellerie de luxe et son bonheur de voir redémarrer l’activité, en dépit des problèmes que cette reprise engendre.

INTERVIEW - CAMILLE TAPPY : LES HÔTELS SONT EN SOUS-EFFECTIF ET PEINENT À RETROUVER DES EMPLOYÉS ALORS QUE LA REPRISE EST EN MARCHE (France)

Chef de brigade au sein de l’Hôtel Castille à Paris, Camille Tappy voue une véritable passion pour son travail. Pour le Journal des Palaces, cette globe-trotter évoque son parcours, sa vision de l’hôtellerie de luxe et son bonheur de voir redémarrer l’activité, en dépit des problèmes que cette reprise engendre.

Catégorie : Europe - France - Carrières - Interviews - Recrutement, emploi, formation - Interviews
Interview réalisé par Guillaume Chollier le 22-04-2022


Camille Tappy Hôtel Castille Paris

Camille Tappy, Chef de brigade de l'Hôtel Castille Paris
Crédit photo © DR / Camille Tappy

Depuis près de quatre ans, Camille Tappyrègne en maître sur la réception de l’Hôtel Castille, un établissement cinq étoiles de 108 chambres, dont 26 suites, datant du XVIIIe siècle. Situé au cœur de Paris, dans un quartier de prestige, il n’est qu’à quelques pas du musée du Louvre, de la place Vendôme, des Champs-Élysées et voisin de la Maison Chanel, où naquit le premier atelier de Mademoiselle Coco.

C’est dans cet environnement élégant et privilégié que la jeune Chef de Brigade, âgée de 28 ans, diplômée de la célèbre École Hôtelière de Lausanne, cultive au quotidien sa passion pour l’hôtellerie de luxe, son goût pour le service auprès d’une clientèle exigeante, son ouverture à de nouvelles cultures et sa curiosité pour la rencontre avec l’autre.

Cette amoureuse du voyage n’a pas hésité à partir à l’étranger afin de concilier son rêve de parcourir le monde et sa volonté de se perfectionner dans son métier. Elle s’est ainsi bâtie, au gré de ses diverses découvertes loin de la France une solide expérience.

Pour le Journal des Palaces, Camille Tappy revient sur son parcours, son amour pour son métier et les évolutions de ce dernier, conséquences de la crise sanitaire.

Journal des Palaces : Comment vous est venue votre passion pour votre profession ?
Camille Tappy : Toute petite, j’ai eu l’opportunité de travailler dans le restaurant de mes grands-parents. J’ai tout de suite apprécié le partage, la chaleur humaine dégagée ainsi que les histoires des clients de l’établissement. Dès lors, je me suis mise à songer à une carrière dans le monde de l’Hospitality Management.

De plus, avec ma famille nous avons vécu dans trois pays différents où j’ai pu découvrir des coutumes, des cultures et des accueils très différents. Ces expériences m’ont donné une ouverture d’esprit et une envie de continuer à découvrir le monde.

C’est durant ma dernière année de collège à Paris, au cours de laquelle une semaine de « Découverte du monde du travail » nous était proposée, que j’ai eu la chance d’effectuer un stage au palace Le Bristol. En naviguant dans les coulisses de cet établissement de prestige et en découvrant les différents métiers associés, j’ai tout de suite su que j’avais trouvé ma voie.

Quels aspects du métier pour séduisent plus particulièrement ?
Le monde de l’hôtellerie est un monde fascinant, exaltant et varié. Certes, nous avons une check-list à réaliser de manière quotidienne, cependant chaque jour est différent, au contact de personnes ayant des nationalités, des cultures, des modes de vie et de voyage singulièrement différents. Je trouve cela très enrichissant au niveau personnel.

J’ai aussi destiné mon choix de carrière vers l’hôtellerie afin de pouvoir voyager, d’interagir avec des personnes du monde entier et découvrir de nouvelles cultures mais aussi des méthodes de travail variées selon la destination. En effet le travail n’est pas le même dans une ville, à la montagne ou au bord de la mer.

Quel a été votre parcours ?
Ma première réelle expérience dans le monde du travail, je l’ai effectuée, à l’âge de 19 ans, au cours d’un stage de 9 mois, d’octobre 2013 à juillet 2014, au Haadtien Beach Resort à Koh Tao, en Thaïlande, dans les 3 départements opérationnels. Ce fut une expérience très enrichissante et exceptionnelle à plus d’un titre. J’ai dû rapidement m’adapter à une autre mentalité et à une autre culture, ce qui m’a permis de repartir avec un esprit plus ouvert. Chaque jour de nouveaux défis m’attendaient.

Puis, j’ai effectué un stage de 6 mois au Lausanne Palace & Spa comme chef de rang au sein du Room Service où j’ai appris la rigueur des standard LQA (Leading Quality Assurance).

De mars 2015 à juillet 2015, j’ai eu la chance de rejoindre la prestigieuse chaîne internationale Four Seasons dans le Hampshire, en Angleterre, dans le département Food & Beverage. Au cours de ce stage, j’étais chargée de gérer l’Afternoon Tea, puis j’ai rejoint l’équipe du bar.

Après avoir pris de l’expérience au cours de mes différents stages, j’ai intégré l’École Hôtelière de Lausanne (EHL), de septembre 2015 à juillet 2018, où j’ai obtenu mon Bachelor of Science in International Hospitality Management.

Pendant mon cursus, j’ai réalisé un stage de 6 mois au sein du Zazen Boutique & Spa, à Koh Samui, en Thaïlande, dans le département Food & Beverage en tant qu’assistante du F&B Manager.

Enfin, après avoir été diplômée, j’ai rejoint l’Hôtel Castille Paris afin d’effectuer un 360° MIT (Management in Training), de septembre 2018 à mars 2020, durant lequel j’ai été assistante Maitre d’hôtel, gouvernante et réceptionniste.

À la fin de mon MIT, l’Hôtel Castille Paris m’a proposé un contrat à durée indéterminée à la réception où je suis en train d’étoffer mon expérience pour gravir les échelons petit à petit. Actuellement, je suis Chef de Brigade à la réception.

Qu’est-ce qui vous a attirée dans le milieu de l’hôtellerie de luxe ?
Comme je le dis souvent, l’hôtellerie est une grande pièce de théâtre où chaque employé est un acteur qui doit évoluer en fonction des scènes et des actes joués.

L’hôtellerie de luxe permet de pouvoir travailler dans des lieux et établissements d’exception, d’être en contact avec les clients venant du monde entier. Le respect et l’attention donnés aux moindres détails sont primordiaux afin que les clients vivent une expérience unique et personnalisée.

J’aime le fait qu’il faut savoir coordonner le savoir-faire du travail propre à chaque département avec le savoir-être qui correspond à l’attitude et la présence auprès des clients, comme la reconnaissance du client en l’appelant par son nom, en connaissant ses préférences.

J’apprécie aussi le fait qu’il faut savoir évoluer, se surpasser, sans cesse innover, afin d’anticiper les attentes des clients de l’hôtellerie de luxe.

Tous ces points rendent ce milieu excitant et m’encouragent à continuer ma carrière dans ce monde.

Comment voyiez-vous ce secteur avant de l’intégrer ?
Pour moi le secteur de l’hôtellerie de luxe était comme un rêve avec ses établissements de prestige, ses destinations de rêve, sa clientèle exigeante mais je le voyais aussi comme un excellent moyen de découvrir le monde. De plus ce secteur est en perpétuelle évolution, avec son lot d’opportunités et de rencontres. Tout cela correspond à mon ouverture d’esprit et mon caractère.

Mais je n’aurais jamais imaginé qu’une crise sanitaire puisse fermer du jour en lendemain tous les hôtels et mettre un gros coup d’arrêt dans ce secteur. Néanmoins depuis la diminution des restrictions, je constate que le secteur repart de plus belle !

Quelles ont été les bonnes et mauvaises surprises lorsque que vous avez découvert de l’intérieur ce secteur ?
Les bonnes surprises sont les magnifiques rencontres avec la clientèle mais aussi avec les collègues. Le monde de l’hôtellerie est une grande famille, il faut interagir, coopérer, travailler en équipe mais aussi savoir déléguer ou au contraire prendre le lead afin que tout se déroule dans les meilleures conditions possibles autant pour les clients que pour les équipes.

Quant aux mauvaises surprises, ce sont les heures supplémentaires, un salaire qui est parfois un peu faible et occasionnellement un manque de reconnaissance. En effet, il est fréquent de commencer tout en bas de la hiérarchie, même en ayant un diplôme, et de gravir petit à petit les échelons. Pour cela, il faut résister à la pression, aux exigences, aux contraintes des métiers du monde du service.

Comment définiriez-vous l’hôtellerie de luxe ?
Personnellement l’hôtellerie de luxe est un établissement qui bénéficie d’un emplacement d’exception, où chaque détail compte, qui emploie un personnel passionné, disponible et à l’écoute des souhaits de ses clients. C'est aussi une parenthèse dans la réalité car lorsque l’on entre dans un établissement de ce secteur, on se sent déconnecté du monde extérieur. On évolue dans un cocon, un écrin de luxe qui varie selon les emplacements mais les fondamentaux restent les mêmes : calme, matériaux luxueux, personnel à l’écoute, chambres tout confort, nourriture délicieuse et tant d’autres choses…

Comment ce secteur a-t-il évolué avec la crise sanitaire ?
La crise a vraiment mis un coup d’arrêt dans le monde de l’hôtellerie mais ce secteur a toujours su rebondir, s’adapter rapidement.

Malheureusement beaucoup d’employés ont décidé de quitter ce secteur. De ce fait, les hôtels sont en sous-effectif et peinent à retrouver des employés alors que la reprise est en marche.

Cette crise a-t-elle eu un impact sur vos relations avec la clientèle ?
La crise a créé une certaine distanciation avec les clients comme cela été le cas pour l’ensemble des relations humaines. Cependant, nous avons su les rassurer en créant des protocoles sanitaires.

Par ailleurs, cette crise nous a permis de consolider le lien avec les clients réguliers et de modifier les rapports et échanges avec eux.

Je dirais même que les relations avec la clientèle se sont humanisées car le dialogue était plus ouvert du fait que l’on avait plus de temps pour chaque client, les clients avaient des attentes et des questions différentes liées ou non à la Covid 19.

Comment votre métier en particulier a-t-il évolué ?
Travailler dans l’hôtellerie, demande déjà à la base une grande polyvalence et flexibilité, mais avec la crise cela a été d’autant plus accentué.

La réception est vraiment l’un des points centraux de l’hôtel et, avec le manque d’effectif lié à la crise, j’ai dû mettre en pratique beaucoup d’aptitudes acquises durant mon MIT en aidant le département Housekeeping, tout en gérant la réception. J’ai aussi vu mes responsabilités s’accroître car notre effectif était réduit au minimum. Malgré cela, le service devait rester de qualité pour faire face aux exigences de nos clients.

Combien de collaborateurs dirigez-vous au sein de votre équipe ?
Actuellement, je suis responsable d’une réceptionniste et de deux stagiaires venant de l’EHL et Hotelschool the Hague.

Une phase de recrutement est-elle en cours au sein de l'hôtel de Castille ?
Effectivement, une phase de recrutement est en cours à l’Hôtel Castille. Nous avons concentré le recrutement depuis quelques mois sur le front office et la restauration. Au niveau du front office, nous recherchons plusieurs réceptionnistes. Pour le F&B, le recrutement se fixe sur tous les postes, mais principalement sur des chefs de rang un, de restaurant manager et un chef de partie petit-déjeuner.
Ces deux services sont ceux sur lesquels nous recherchons en priorité et en continu. Depuis peu, avec l’arrivée de notre nouveau gouvernant général, nous recrutons en Housekeeping. Aussi, nous recherchons deux agents de réservation : un junior ainsi qu’un senior.

Quels sont les caractéristiques de profil auxquelles vous êtes particulièrement attentive et qui font la différence à vos yeux ?
Pour moi, un bon profil est quelqu’un de motivé, curieux, qui aime ce qu’il fait et qui possède une grande flexibilité. Le bon profil doit posséder « l’esprit de l’hôtel », c’est-à-dire qui ne fait pas uniquement son travail mais s’engage personnellement dans celui-ci.

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A propos de l'auteur

Journaliste depuis 20 ans, Guillaume est un inconditionnel des lieux exclusifs où se mêlent confort, qualité de service et gastronomie. Le tout, teinté d’une simplicité et de sourire qui sont l’apanage du luxe ultime.


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