Le Journal des Palaces

< Actualité précédente Actualité suivante >

INTERVIEW - JEAN-CLAUDE LAVOREL, FONDATEUR DE LAVOREL HOTELS : « NOUS AVONS BESOIN DE SOURIRES, D'HUMANITÉ ». (France)

« Dans mon précédent groupe, dans la santé, c’était une de nos valeurs, prendre soin des personnes, ici, nous servons le même concept ; nous devons prendre soin de nos clients ».

INTERVIEW - JEAN-CLAUDE LAVOREL, FONDATEUR DE LAVOREL HOTELS : « NOUS AVONS BESOIN DE SOURIRES, D'HUMANITÉ ». (France)

« Dans mon précédent groupe, dans la santé, c’était une de nos valeurs, prendre soin des personnes, ici, nous servons le même concept ; nous devons prendre soin de nos clients ».

Catégorie : Europe - France - Interviews et portraits - Interviews - Les Leaders du secteur
Interview réalisé par Vanessa Guerrier-Buisine le 19-05-2023


Mu par un naturel à toute épreuve, Jean-Claude Lavorel a développé un groupe hôtelier qui sait jongler avec les codes de l’hôtellerie. Quelle que soit leur gamme, tous les établissements du groupe Lavorel Hotels peuvent se targuer de partager le plaisir de recevoir, le goût du service, le sens de la simplicité.

Des valeurs, qui sont non seulement prônées, mais surtout incarnées par un président qui reste sur le terrain, pour partager les émotions du métier avec ses équipes.

Celui qui a réussi dans le secteur de la santé à domicile est tombé presque par hasard dans l’hôtellerie. L'acquisition de la Potinière en 2008, transformée en « Les Suites de la Potinière », marque le début d’une aventure qui dure depuis 15 ans. Au fil de son développement, Lavorel Hotels, lancé en 2012, a non seulement étoffé son parc hôtelier, atteignant désormais 12 établissements, mais a également diversifié ses propositions, avec la déclinaison toute récente de la marque Kopster, ou l’ajout de deux autres types de « produits ».

En 2017, il part ainsi à l’assaut du tourisme fluvial, en rachetant Lyon City Boat, rebaptisée Les Bateaux Lyonnais, avant d’acquérir en 2020, un domaine viticole, le Château des Ravatys. Deux nouvelles cordes à son arc pour décliner une offre dédiée aux évènements d’affaires ou privatifs.

Son groupe, Jean-Claude Lavorel le déploie au fil des opportunités qui se présentent, mais surtout au gré de rencontres, à l’image du Chabichou, figure de proue du groupe et fruit de sa rencontre avec le couple Rochedy.

Le Journal des Palaces a rencontré cet entrepreneur autodidacte français, qui décline une hôtellerie décontractée, où le luxe se cache dans les détails, et essentiellement dans les sourires des équipes.

Journal des Palaces : Votre parcours d’entrepreneur dans l’univers de la santé a-t-il influencé votre vision de l’hôtellerie ?

Jean-Claude Lavorel : Au lieu de servir des clients comme dans l'hôtellerie, nous servions des patients, et nous le faisions à domicile. Néanmoins, nous sommes dans le même concept.

J'ai toujours prôné la qualité de service, le sourire, la propreté, auprès de mes équipes, même dans mon groupe dans la santé à domicile. Il s’agit de service absolu, d'empathie et de discrétion.

Aujourd'hui, je suis dans le même concept avec les clients des hôtels. Je pense qu'il est très important, pour ne pas dire fondamental et indispensable, que mes équipes aient cette empathie, aiment les gens. Qu’ils sentent que l'on apprécie leur présence et que l'on est heureux de les accueillir !

Donc c'est ce côté excellence, tout en étant décontracté, décomplexé.

Les clients n'ont plus envie de l'hôtellerie de papa, trop guindée, trop coincée. Ils ont envie aujourd'hui d'un contact plus chaleureux, plus proche, plus sympathique.

Pourquoi avoir développé Lavorel Hotels en attaquant de prime abord le marché de l’hôtellerie de luxe ?

Ce fut un hasard. J'avais encore mon groupe dans la santé et l'on m'a présenté cet hôtel, La Sivolière à Courchevel, dont je suis tombé sous le charme. J’ai alors pensé : « pourquoi pas l'hôtellerie ? ».

Pourquoi avoir décliné la marque Kopster ? Qu'apporte-t-elle au groupe Lavorel ?

Nous avons créé de toutes pièces une enseigne, une marque, Kopster. Un concept original, décalé, mais qui séduit. Nous y apportons beaucoup de chaleur, de convivialité, donc ça fonctionne très bien.
Notre première ouverture, à Décines-Charpieu, était un pari, au milieu de nulle part. Aujourd’hui, c’est une petite ville.

Nous avons adopté une décoration différenciante, assez originale, marquée, et pas simplement lifestyle. Pour ce premier établissement, nous avons choisi un papier peint qui me rappelle mon enfance, et chaque hôtel aura pour thème un animal.

J'ai fait un peu pareil à Colombes, nous avons imaginé l’hôtel sur un terrain vague, où les projets ont poussé depuis comme des champignons. Une ville nouvelle s’est créée.

L’ambiance plaît visiblement beaucoup. Un troisième Kopster va s'ouvrir au mois de septembre en principe, Porte de Versailles.

Comment préservez-vous l’exigence d’excellence dans ces hôtels ?

Quand on résume l’hôtellerie, il faut une bonne réception, un bon chef, une bonne cuisine. Il faut des réceptionnistes sympas, souriants, qui vous expliquent l’expérience que vous allez vivre. Par ailleurs, on peut être à la fois décontracté et professionnel.

La perfection se niche dans les détails. Papiers, poussière, propreté, tout compte. La direction doit-être exigeante en permanence.

Avec Kopster, vous avez étendu Lavorel Hotels aux 4 étoiles. Quelle place garde l’hôtellerie de luxe dans votre stratégie ?

En plus des hôtels de luxe déjà présents dans le portefeuille Lavorel Hotels, nous poursuivons nos acquisitions.

En 2021, nous avons eu l’opportunité d’acquérir un hôtel au concept un peu particulier, le Grand Pavillon de Chantilly (ex-Hyatt Regency). L’hôtel tourne très fort avec de nombreux séminaires en semaine, mais également beaucoup de clients parisiens le week-end, qui viennent se mettre au vert, profiter du spa de 1 200 m² et profiter de la restauration, et bientôt d'une ferme pédagogique, une fois toutes les autorisations obtenues.

Un second projet y démarre cet hiver, avec la création d’une piscine extérieure. Le Kids Club vient compléter l’ensemble.

Cet univers vous était familier en tant que client, quels contrastes avez-vous notés entre votre vision de client et celle d’hôtelier ?

Je continue d'avoir ce regard critique, puisque je ne dors pas seulement dans mes hôtels. Je trouve que l’accueil manque d'empathie, de chaleur humaine. Cela me dérange beaucoup, car même si certains salariés font la différence, et en général, on les remarque, ça ne doit pas être lui où elle, ce doit être l'ensemble que l’on remarque et qui fasse la différence. Nous avons besoin de sourires, d'humanité.

Dans mon précédent groupe, dans la santé, c’était une de nos valeurs, prendre soin des personnes. Ici, nous servons le même concept ; nous devons prendre soin de nos clients.

Quelle est pour vous la meilleure définition du luxe ? Et, de l'hôtellerie de luxe ?

Nous ne devons jamais dire non. Lorsque vous recevez une demande de client, vous devez faire le maximum, tout ce que vous pouvez pour y répondre. C’est la base du luxe, la différence entre le luxe et le « moins luxe ».

Dans le luxe, vous devez anticiper les attentes du client, en lui posant les bonnes questions ; est-ce que ça vous a convenu ? Est-ce que l'établissement que nous avons réservé vous a plu, était à votre convenance ? Qu'aimez-vous comme fleurs ? Quels journaux aimez-vous recevoir le matin ?

Quel lien entretenez-vous avec vos collaborateurs ?

Dans la mesure du possible, des liens étroits, avec beaucoup d'empathie et d'affection. À l’occasion de mon anniversaire, mon équipe m'a écrit une chanson et a chanté. C’était assez génial, très émouvant.

Je ne travaille pas aujourd'hui pour réussir et gagner plus d'argent, mais pour être avec eux, partager, les sentir heureux, pour recevoir des messages tels que ceux que j’ai reçus.
Je suis heureux d’aller dans mes hôtels rencontrer mes équipes.

En tant que fondateur du groupe, parvenez-vous à rencontrer les clients de vos hôtels ? Si oui, quels échanges avez-vous avec eux ?

Les seuls que j'arrive à rencontrer, ce sont parfois les clients du Chabichou, lorsque je suis à Courchevel et qu’il y a des clients habitués et que l'on me présente, car ils aiment connaître le propriétaire.

Comment parvenez-vous à motiver vos équipes ?

Une grande part de leur motivation est affective, c'est-à-dire, en partageant avec eux ce qui concerne le groupe. Ils sont au courant de tous les chiffres, du budget au chiffre d’affaires ou de la rentabilité. De plus, je leur verse en plus la prime de partage.

Par ailleurs, je tiens deux réunions par an, pour les vœux et avant l'été. Je leur dis « voilà où nous en sommes, je suis content de vous, merci et bravo ». C'est important qu'ils entendent que ce qu'ils font est superbe pour l'entreprise, que je suis reconnaissant, que j'en suis conscient et reconnaissant.

Quel est le moment le plus marquant de votre carrière hôtelière ?

C'est peut-être la signature du Chabichou. Je passais régulièrement devant cet établissement et je trouvais que cet établissement avait beaucoup de charme. En y entrant, j'avais trouvé que cet établissement avait une âme. Et, sa notoriété a aussi joué, car lorsque j’étais dans le médical, des médecins me parlaient du Chabichou.

Lorsque j’ai connu Michel et Maryse Rochedy, j'ai sympathisé avec Michel, qui était un garçon adorable, chaleureux. J’ai alors découvert l'histoire, leur histoire, démarrée avec un petit chalet.

Le jour où j’ai acquis le Chabichou, cela a changé beaucoup de choses dans la dimension et dans la vision de notre petit groupe. Le Chabichou jouit d’une notoriété internationale et est un monument dans la station.

Y a-t-il un établissement ou un lieu spécifique dans l’un d’entre eux que vous affectionnez plus particulièrement, et pourquoi ?

Le Château de Bagnols me provoque toujours un effet wow, pour sa vue, son emplacement, son château.

Quel moment de la journée préférez-vous dans votre métier ?

Lorsque j’arrive le matin, que je rencontre mes équipes, et que nous partageons un café.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaite épouser les métiers de l’hôtellerie de luxe ?

L’exigence. Si l'on est exigeant avec soi-même, on est exigeant avec les autres. Le reste n’est que du bon sens.

En savoir plus sur...


A propos de l'auteur

Journaliste experte de l’hôtellerie de luxe et inspirée par les femmes et les hommes qui l'incarnent, Vanessa aspire à valoriser et sublimer la beauté et l’élégance des palaces à travers ses écrits. “Dans un palace, la simplicité sert la quête de l’excellence” admire-t-elle.

Lire les articles de cet auteur


Vous aimerez aussi lire...







< Actualité précédente Actualité suivante >




Retrouvez-nous sur Facebook Suivez-nous sur LinkedIn Suivez-nous sur Instragram Suivez-nous sur Youtube Flux RSS des actualités



Questions

Bonjour et bienvenue au Journal des Palaces

Vous êtes en charge des relations presse ?
Cliquez ici

Vous êtes candidat ?
Consultez nos questions réponses ici !

Vous êtes recruteur ?
Consultez nos questions réponses ici !