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INTERVIEW - SIR ROCCO FORTE, PRÉSIDENT DE ROCCO FORTE HOTELS : "ACCÉLÉRER NOTRE CROISSANCE, MAIS AUSSI NOS PROGRAMMES DE RÉNOVATION"

L’hôtelier italien a profité du salon ILTM pour dévoiler un grand changement dans le groupe hôtelier familial, et a évoqué avec nous ses prochains projets.

INTERVIEW - SIR ROCCO FORTE, PRÉSIDENT DE ROCCO FORTE HOTELS : "ACCÉLÉRER NOTRE CROISSANCE, MAIS AUSSI NOS PROGRAMMES DE RÉNOVATION"

L’hôtelier italien a profité du salon ILTM pour dévoiler un grand changement dans le groupe hôtelier familial, et a évoqué avec nous ses prochains projets.

Catégorie : Monde - Interviews et portraits - - Interviews
Interview réalisé par Vanessa Guerrier-Buisine le 02-01-2024


Sir Rocco Forte, président de Rocco Forte Hotels

Sir Rocco Forte, président de Rocco Forte Hotels
Crédit photo © Rocco Forte Hotels

Alors que le groupe Rocco Forte Hotels a annoncé le 4 décembre dernier une entrée significative du Fonds public d’investissement (PIF) au capital de l’entreprise familiale, nous avons rencontré Sir Rocco Forte lors du dernier salon ILTM à Cannes pour en savoir plus sur l’avenir de l’entreprise. Un retour aux sources pour l’hôtelier aguerri, qui a fait ses premières armes comme manager d’un « petit hôtel » avec plage et restaurants, à Cannes, au Port Canto en 1973.

Rocco Forte Hotels, ce sont aujourd’hui 15 hôtels, répartis dans six pays, et trois hôtels à naître courant 2024. De l’accélération du développement au traitement des équipes, Sir Rocco Forte évoque sa philosophie d’une hôtellerie qui conjugue luxe et esprit de famille.

Vous avez annoncé il y a quelques jours l’acquisition d’une participation minoritaire par PIF, pourriez-vous nous en dire plus ?

Sir Rocco Forte : L'annonce a coïncidé avec notre présence ici, ce qui est assez propice. Cela faisait longtemps que les journaux en parlaient et qu'il y avait beaucoup de rumeurs à ce sujet. Nous pensions que ce n'était pas une grande nouvelle, mais étonnamment, tous les journaux en ont parlé.

J'avais un actionnaire à 23 %, la Cassa Depositi e Prestiti, que j'ai gardé pendant huit ans. Dans un avenir assez proche, ils auraient voulu se retirer. Il y a environ un an et demi, nous avons observé de nombreuses transactions sur le marché à des prix très élevés, je me suis donc dit que c'était le bon moment pour entrer sur le marché. Nous avons contacté une vingtaine d’interlocuteurs que nous pensions intéressés. PIF était parmi eux, et a demandé une exclusivité. C'est après un long processus que nous avons pu l'annoncer.

Qu'est-ce qui change concrètement ?

Il y a divers aspects. PIF sont évidemment très forts, puissants financièrement, et ont une vision à long terme des choses, et leur approche est très stratégique. Et effectivement, ils nous laissent gérer l'entreprise.
Il y a donc une injection de capital dans l'entreprise, qui contribuera à accélérer notre croissance, ainsi que nos programmes de rénovation dans les hôtels existants. Le fait qu'ils soient un partenaire puissant a déjà attiré d'autres personnes vers nous.

Quels sont vos projets de développement ?

Mon fils Charles s'occupe du développement. Nous avons déjà ouvert de nouveaux hôtels et nous disposons déjà d'un pipeline important. Cela nous permet d'accélérer.
La plupart de nos activités se concentrent pour le moment en Italie, parce que nous y sommes bien implantés. C'est un marché très attractif, je pense que c'est en quelque sorte la meilleure destination touristique au monde. Il y a de nombreuses opportunités, car c'est encore un marché où les grandes chaînes n'ont pas pénétré.

Nous allons ouvrir le Carlton à Milan début 2025, Le Palme en Sardaigne en 2025, et une Rocco Forte House à Rome. Nous avons un projet à Naples qui devrait voir le jour en 2025 ou 2026. Nous avons un second hôtel, plus grand, dans les Pouilles, en 2026 également.
Nous étudions actuellement deux autres projets en Sicile.

Envisagez-vous de développer votre portefeuille en dehors de l'Italie ?

Nous projetons un hôtel à Dubaï, et je veux désormais être plus présent en dehors de l'Italie. J'aimerais ouvrir plusieurs adresses en Espagne.
Les États-Unis sont un marché plus difficile, car nous sommes très éloignés. J'aimerais ouvrir à New York et à Miami, mais tout est très cher. Nous devons donc être proactifs et trouver nous-mêmes des produits que personne d'autre ne cherche. Mais, il faut être sur place pour pouvoir le faire.

Quels sont vos projets de rénovation actuels et futurs ?

Nous avons un programme de 20 millions sur deux ans.
Au Balmoral, nous avons rénové toutes les chambres. L'hiver dernier, nous avons rénové la piscine et ce mercredi, nous finalisons le spa. Nous effectuons de nombreuses rénovations dans l'ensemble du portefeuille. À Munich, au Charles, nous rénovons 40 chambres, et au Browns à Londres, nous rénovons 40 chambres cet hiver.
Nous travaillons également beaucoup à l'amélioration du service.

Comment votre personnel contribue-t-il à votre attractivité ?

Le personnel de première ligne est très important pour moi et beaucoup de personnes considèrent souvent le personnel comme une marchandise que l'on peut acquérir et jeter. Je ne vois pas les choses comme cela. Ce sont les personnes qui transmettent, qui traitent avec le client au quotidien. Ce sont nos équipes qui transmettent la philosophie de l'entreprise au client.

Ce sont donc nos collaborateurs les plus importants. Il faut donc s'occuper d'eux, ils doivent comprendre la philosophie de l'entreprise. Et cela fonctionne plutôt bien, mais je veux vraiment améliorer ce que nous faisons déjà. Nous avons un programme d'intégration pour tous nos employés, qui leur donne le sentiment de faire partie d’un tout. Ensuite, nous avons des programmes de formation spécifiques liés aux compétences et des programmes de développement pour aider les personnes à progresser.

Notre taux de rotation du personnel est généralement bien inférieur à celui de la plupart des entreprises du secteur. Ce fut difficile après covid, mais nous avons beaucoup travaillé sur ce point et nous avons maintenant une main-d'œuvre très stable. Le seul endroit où c'est encore un peu difficile est l'Allemagne.

Quels sont les principaux défis auxquels votre entreprise est confrontée aujourd'hui ?

Le défi consiste en partie à faire en sorte que notre service soit meilleur que celui de tout autre. Nous nous distinguons déjà si vous regardez tous les commentaires sur les médias sociaux, etc. Nos scores sont déjà très élevés.

Ce qui ressort de ces commentaires, c'est la chaleur et l'amabilité du service. Et cela vient, je pense, du fait que la famille est impliquée et que les gens sentent qu'ils travaillent pour des personnes qui se soucient d'eux, qui les considèrent, et qui croient en eux.

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A propos de l'auteur

Journaliste experte de l’hôtellerie de luxe et inspirée par les femmes et les hommes qui l'incarnent, Vanessa aspire à valoriser et sublimer la beauté et l’élégance des palaces à travers ses écrits. “Dans un palace, la simplicité sert la quête de l’excellence” admire-t-elle.

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